Cet été encore, chaleur et sécheresse s'imposent comme des réalités avec lesquelles les viticulteurs doivent composer. Dans le Sud-Ouest, les épisodes de fortes chaleurs peuvent transformer les paysages en quelques semaines. Les incendies qui ont récemment touché la Gironde nous rappellent, avec une force particulière, combien la nature peut devenir vulnérable lorsque les températures s'envolent et que l'eau vient à manquer.
Dans les vignes du Château Le Courrejot, au cœur de la Ténarèze dans le Gers, ces conditions météorologiques sont observées avec attention. Car pour un producteur d'Armagnac, protéger la vigne pendant les mois les plus chauds est essentiel pour permettre aux raisins d'arriver à maturité dans les meilleures conditions pour les vendanges.
Face à ces étés plus chauds et plus secs, le vigneron ne peut pas contrôler la météo. Il peut en revanche adapter ses pratiques et accompagner la vigne pour mieux résister.

Quand les feuilles deviennent une protection naturelle
Lorsque les températures deviennent très élevées, la première protection des grappes se trouve directement sur le cep : ce sont les feuilles.
On pourrait penser qu'il faut dégager les raisins pour leur permettre de profiter au maximum du soleil. Pourtant, lors des épisodes de chaleur intense, une exposition excessive peut devenir problématique. Les grappes directement exposées aux rayons du soleil peuvent subir des brûlures et perdre une partie de leur potentiel.
Au Château Le Courrejot, la conduite de la vigne tient compte de cette réalité. La taille et les interventions sur la végétation sont adaptées afin de conserver suffisamment de feuillage autour des grappes.
Les feuilles jouent alors un double rôle. Elles sont indispensables à la photosynthèse, grâce à laquelle la vigne produit et stocke son énergie, mais elles constituent également un véritable écran naturel qui protège les raisins des rayons les plus agressifs.
L'objectif n'est donc pas de faire pousser le plus de végétation possible, mais de trouver le bon équilibre entre feuillage et grappes. Une vigne bien conduite est une vigne capable de protéger ses fruits tout en continuant à fonctionner malgré les fortes chaleurs.

Vieilles vignes et jeunes ceps : tous ne résistent pas de la même manière
Face à la sécheresse, toutes les vignes ne sont pas égales.
Les vieux ceps du Château Le Courrejot disposent généralement d'un système racinaire plus développé. Au fil des années, leurs racines ont pu s'enfoncer profondément dans le sol et accéder à des réserves d'eau plus éloignées de la surface.
Cette profondeur leur confère une certaine vigueur et une meilleure capacité à supporter les périodes de sécheresse.
Les jeunes plantations sont en revanche beaucoup plus sensibles. Leur système racinaire est encore en développement et leur capacité à aller chercher l'eau en profondeur reste limitée.
C'est particulièrement vrai pour la parcelle de 1,85 hectare plantée au printemps 2025 au domaine, avec environ 6 500 jeunes pieds de vigne. Ces jeunes ceps font l'objet d'une attention particulière et peuvent recevoir, lorsque cela est nécessaire, un apport d'eau ponctuel réalisé manuellement pour les aider à franchir les périodes les plus difficiles.
Cette différence entre jeunes et vieilles vignes illustre parfaitement le caractère vivant d'un domaine : chaque parcelle, chaque cep et chaque génération de vigne demande une attention différente.

Une adaptation nécessaire face à des étés qui changent
Les épisodes de sécheresse sont aujourd'hui plus fréquents qu'il y a vingt ou trente ans. Les vendanges ont également tendance à intervenir plus tôt qu'autrefois, conséquence notamment de l'évolution des températures et du cycle de maturation de la vigne. Pour le vigneron, cela signifie qu'il faut s'adapter en permanence.
La chaleur n'est pas forcément l'ennemie de la vigne. Le soleil est indispensable à la maturation des raisins. C'est son intensité, sa durée et surtout le manque d'eau qui peuvent devenir problématiques.
Au Château Le Courrejot, l'objectif reste donc de trouver le juste équilibre : laisser la vigne profiter de la lumière et de la chaleur nécessaires à son développement, tout en conservant suffisamment de végétation pour protéger les grappes et limiter leur exposition aux températures extrêmes.
C'est un travail d'observation qui commence bien avant les vendanges.
Le paradoxe de l'été : après la sécheresse, les orages
Et c'est peut-être l'un des grands paradoxes du climat estival : après plusieurs semaines de chaleur et de sécheresse, les vignerons peuvent redouter l'arrivée de violents épisodes orageux.
Une masse d'air très chaude peut rapidement laisser place à un changement brutal de météo. Les orages peuvent alors apporter de fortes pluies, des vents violents et parfois de la grêle.
Pour une vigne dont les raisins approchent de la maturité, quelques minutes peuvent suffire à causer des dégâts importants. La grêle est particulièrement redoutée : les impacts sur les grappes et les feuilles peuvent endommager une partie de la récolte alors que plusieurs mois de travail viennent d'être accomplis.
Le vigneron ne peut évidemment pas empêcher un orage de se former. Il peut seulement surveiller, anticiper lorsque cela est possible et surtout observer l'état de ses parcelles après chaque épisode météorologique.

Préserver aujourd'hui le millésime de demain
Au mois d'août, les vendanges approchent. Les grappes ont presque atteint leur maturité et le futur millésime commence à se préciser. Dans les vignes du Château Le Courrejot, chaque journée compte désormais. La chaleur, l'humidité, la disponibilité en eau, l'état des feuilles et celui des grappes sont autant de paramètres qui sont observés avec attention.
Le métier de producteur d'Armagnac dans le Gers évolue avec son environnement. Les gestes traditionnels demeurent, mais le vigneron doit aujourd'hui composer avec des conditions climatiques différentes de celles que connaissaient les générations précédentes.
Protéger une grappe du soleil, accompagner une jeune vigne pendant une période sèche, conserver un feuillage suffisant ou surveiller l'arrivée d'un orage : ces gestes peuvent sembler modestes. Pourtant, mis bout à bout, ils participent à une même ambition : permettre au raisin d'arriver à maturité dans les meilleures conditions pour donner naissance, quelques mois plus tard, à un nouvel Armagnac. Et dans quelques semaines, après toute cette attente, viendra enfin le moment des vendanges. A suivre…
À découvrir également
Notre parcelle de jeunes vignes plantée en 2025 raconte elle aussi une partie de l'avenir du Château Le Courrejot. Découvrez l'histoire de cette plantation et les premiers soins apportés à ces 6 500 jeunes pieds de vigne dans notre article « Naissance d'une vigne, futur Armagnac millésimé ».
Découvrir les Armagnacs du Château Le Courrejot
Du travail de la vigne à la distillation, puis du vieillissement en fût à la mise en bouteille, chaque Armagnac du Château Le Courrejot est le résultat d'un long travail au rythme des saisons.
Découvrez nos Armagnacs et nos millésimes, directement auprès de notre domaine familial au cœur de la Ténarèze.
