Un été sous surveillance
Au Château Le Courrejot, l’été 2026 a parfois été source d’inquiétude. Dès le mois de juin, les fortes chaleurs se sont installées et plusieurs épisodes de canicule ont marqué la saison. Avec la sécheresse et le manque d’eau, une question revenait forcément : comment les vignes et les grappes allaient-elles supporter cet été ?
Au mois d’août, nous hésitions même à parcourir certaines parcelles. La crainte était de découvrir des grappes atrophiées ou brûlées par le soleil.
Il fallait pourtant attendre, observer la vigne, suivre l’évolution des raisins et laisser le temps faire son travail. Et finalement, les vendanges ont apporté une très bonne surprise.
La vigne en avance, pour mieux résister à la chaleur
La particularité de cette année est aussi à chercher dans le début du cycle végétatif.
En 2026, la vigne a démarré rapidement et les grappes ont évolué plus vite. Lorsque les fortes chaleurs sont arrivées, les raisins étaient déjà bien formés et avaient atteint un stade de développement plus avancé. Cette avance semble avoir joué un rôle important dans leur résistance.
L’année précédente, en 2025, les fortes chaleurs étaient arrivées alors que certaines grappes étaient encore immatures. Certains grains avaient alors été brûlés par le soleil, tandis que d’autres avaient vu leur croissance fortement ralentie, parfois stoppée.
Cette année, la situation a été différente. Les grappes étaient déjà constituées lorsque les températures ont fortement augmenté. Elles ont donc été peu ou pas brûlées, et leur développement n’a pas été significativement impacté par les épisodes de chaleur.
Pour nous, c’est aussi une nouvelle illustration de la manière dont chaque millésime peut réagir différemment à une météo pourtant similaire.
De beaux raisins et une récolte au rendez-vous
Au moment de découvrir les parcelles avant la récolte, le soulagement est là : les raisins sont beaux, les grappes ont bien résisté et la récolte est au rendez-vous.
Au moment de découvrir les parcelles avant la récolte, le soulagement est là : les raisins sont beaux, les grappes ont bien résisté et la récolte est au rendez-vous.
Les rendements varient naturellement selon les cépages. Cette année, ils atteignent environ :
- 80 hectolitres par hectare pour le Meslier Saint François ;
- 90 hectolitres par hectare pour le Baco ;
- 110 hectolitres par hectare pour l’Ugni Blanc.
Des chiffres qui témoignent d’une récolte satisfaisante, malgré les conditions particulièrement chaudes et sèches de l’été.
Les inquiétudes liées à la chaleur et à la sécheresse ne se sont donc finalement pas traduites dans les chiffres de la récolte. La quantité est là, et la qualité également.
Comme chaque année, nous suivons attentivement la maturité des raisins afin de déterminer le bon moment pour vendanger. Le sucre, l’état des grappes et l’évolution de chaque parcelle sont observés pour récolter les raisins dans les meilleures conditions.
Car pour un producteur d’Armagnac, les vendanges ne sont pas une simple étape de récolte. Elles donnent naissance à une eau de vie qui sera ensuite distillé et deviendra, après des années de vieillissement, un nouveau millésime d’Armagnac.
De la récolte au prochain millésime d’Armagnac
Une fois récoltés, les raisins sont pressés afin d’en extraire le moût. Celui-ci sera ensuite vinifié avant de rejoindre l’alambic lors de la prochaine période de distillation, du 4 au 16 novembre 2026.
Le travail engagé dans les vignes pendant toute l’année se poursuit donc à la distillerie. Chaque étape compte pour préserver les qualités du raisin et préparer la future eau-de-vie.
Cette récolte 2026 restera finalement comme une saison où les inquiétudes de l’été auront laissé place à une certaine satisfaction au moment des vendanges.
La vigne a connu la chaleur, le manque d’eau et des conditions parfois difficiles. Mais elle avait pris de l’avance et les raisins étaient suffisamment développés lorsque les fortes températures sont arrivées.
Au Château Le Courrejot, en Ténarèze, entre Condom et Eauze, une nouvelle récolte commence ainsi son chemin vers l’alambic. La prochaine étape sera celle de la distillation, lorsque les vins de cette récolte donneront naissance à la Blanche 2026, première expression de ce nouveau millésime.
