6 novembre : lever de rideau sur l’alambic
Jeudi 6 novembre, 7h du matin. La brume passe encore entre les ceps quand j’ouvre les portes de la salle de distillation. L’alambic m’attend là, comme un vieux compagnon qui connaît son rôle par cœur.
Aujourd’hui commence officiellement la distillation 2025 au Château Le Courrejot, fruit d’une année de travail dans les vignes de notre domaine, en Ténarèze, au cœur du Gers.
Le premier à entrer dans la danse est le Meslier Saint-François. Un cépage rare, précieux, que nous distillons toujours séparément pour préserver sa personnalité unique. Au total : 40 hectolitres, soit 4 000 litres, patiemment passés dans l’alambic armagnac le jour même jusqu’à 18h.
La flamme chauffe, les parfums montent, les premières gouttes s’écoulent, limpides, presque timides. C’est le moment où l’on retient son souffle. Le moment où une année de labeur prend enfin forme.
7 au 17 novembre : Baco, Ugni Blanc et une drôle de surprise
Vendredi 7 novembre, 18h50. La nuit tombe, les corps et les cœurs se réchauffent. Place au Baco.
Le cépage emblématique de la Ténarèze distille sans relâche jusqu’au dimanche 9 novembre, 5h du matin. Une distillation longue, régulière, presque méditative.
Puis vient l’Ugni Blanc, du dimanche à l’aube jusqu’au lundi. Un marathon de chaleur, de vigilance et de précision.
Et pourtant, cette année a connu un petit épisode… inattendu. Un tiers des brûleurs refusait obstinément de fonctionner. Des heures à inspecter, démonter, vérifier. Avant de découvrir le coupable : un frelon coincé dans un injecteur de gaz. Un détail minuscule, mais capable de tout enrayer. Heureusement, aucun impact sur la qualité : seulement un temps de distillation rallongé… et quelques sueurs froides.
Lundi 17 novembre, 16h30. L’alambic souffle, nous aussi. La distillation 2025 est officiellement achevée.
Repas et dégustations : des moments suspendus
Comme chaque année, le domaine a accueilli de nombreux visiteurs pour vivre la distillation de l’intérieur.
Des repas conviviaux, des groupes allant de 10 à 35 personnes, des éclats de rire, des conversations autour du feu de l’alambic, et ces fameux brûlots, toujours très attendus en fin de repas.
Ces instants sont une véritable signature du producteur d’armagnac que nous sommes : chaleur, partage, tradition. Merci aux habitués, aux curieux, aux passionnés. Vous faites de ces soirées des moments magiques, année après année.
Après la dernière goutte : nettoyage, repos… et premières gelées
Dès le 17 novembre, place au grand nettoyage. L’alambic est entièrement vidé, démonté, séché. Il est ensuite rangé, prêt à sommeiller jusqu’à novembre 2026. C’est aussi l’occasion de remettre en ordre la salle de distillation et de réception.
Comme un clin d’œil de la nature, les premières gelées ont recouvert les vignes juste après la fin de la distillation. Les feuilles sont tombées, laissant place à la prochaine étape : la taille hivernale, que nous vous ferons découvrir dans notre prochain article.
